Mission Popchat

EPISODE TROISIEME : MISSION POPCHAT
par Tristan Perreton

12,35x20cm / 40 pages / broché
imprimé sur papier bouffant focusbook 80g
couverture sérigraphiée sur papier noir 160g
illustration intérieures de Nicolas Fresneau
ISBN: 978-2-919192-04-5
parution : novembre 2011 / en stock
prix de vente : 6 euros

A cette heure où l’opinion publique est ravagée par le terrorisme, la pollution, les faits-divers et la crise boursière, où les rêves d’avenir meilleur se sont transformés en cauchemar de fin des temps, un spectre, intangible pour la plupart des hommes mais cruellement réel, est venu nous faire partager sa fantastique errance.

« Mission Popchat » est le troisième épisode des Aventures épouvantables de l’Ombre.

Polar fantastique reflétant une image nébuleuse de notre XXI° siècle, ce récit est le voyage d’un spectre en quête de son nom et de son cœur, confisqués en de troublantes circonstances par un chat un brin sorcier.

Dans ce numéro, l’Ombre, précipitée dans les îles de la Désolation, devra composer avec la colonie de chat harets des Kerguelen, des scientifiques des terres australes et des apparitions d’un autre âge.

Au pays du vent éternel, l’Ombre parviendra-t-elle à vous couper le souffle ?

Vous le saurez en vous procurant « Mission Popchat ».

Présenté sous la forme d’un fascicule d’une quarantaine de page à la couverture sérigraphiée, cet épisode est accompagné de quatre planches originales de Nicolas Fresneau.

Lire un extrait :

J’ai passé la nuit à écouter les radotages du vieux couple. J’ai entendu au moins trois fois l’histoire des chats farceurs. La femme n’avait pas fait la moindre avancée dans son tricotage. Elle débobinait sa pelote sans qu’elle ne semblât jamais se dégarnir. J’ai néanmoins compris qui étaient ces étranges personnages. C’était un vieux couple de bergers abandonnés sur l’île depuis fort longtemps. L’homme était autrefois un gardien de la paix du Havre qui, las de courir après les voyous, avait accepté de s’exiler aux antipodes pour tenter d’être le premier colon des iles de la Désolation. Au bout de la troisième fois que la dame s’est exclamé :
“Bigre, quelle histoire!”, Je me suis permis de détourner un peu la conversation :
“Et ces gens qui dorment là, c’est qui ?
— Eux ? On ne sait pas. Il en vient quelquefois. Dès qu’on essaye de leur parler, on disparaît. Comme ce n’est pas très agréable, on ne leur parle plus, m’a expliqué la dame.
— Enfin, quand c’est eux ça va. Mais il y a un Boche dans le coin. Plusieurs fois qu’il a essayé de venir chez nous. Mais c’est avec le fusil que je l’ai reçu moi. Je crois qu’il a bien compris à qui il avait affaire. J’ai survécu à Verdun, moi. Alors les Boches…
— Oui, on les aime pas beaucoup, nous, ces gens, avec tous le mal qu’ils ont fait. Vous n’êtes pas Allemand au moins?
— Allemand, Français, Turc, Bulgare, Japonais ou Chinois, moi ça m’est franchement égal. Je vous avouerai même que j’en ai rien à foutre. Il y a une race que j’ai jamais pu blairer par contre, c’est les flics.
— Quel toupet ! ” s’est offusqué la vieille tandis que Léon était resté bouche bée devant mon effronterie.
J’ai dans la foulée pris congé en leur disant :
“Monsieur, je vous laisse à vos sempiternelles jacasseries et vous, madame, à votre tricot. J’espère que vous ne tomberez pas à cours de laine, sans quoi votre mari devra se tourner en mouton. Et je ne vous dit pas au revoir car je ne pense pas que l’on se reverra. »
Puis j’ai glissé sous la porte que les visiteurs avaient barricadé et je me suis fondu au vent.
Pour la première fois, j’étais libre de courir où je le voulais. Le problème était qu’il n’avait aucun endroit où aller, en dehors des plateaux désolés et des récifs abrupts. J’ai eu la désagréable sensation d’être le Napoléon de l’Intangible, exilé sur une île perdue au milieu de l’océan, à de milliers de kilomètres de tout établissement humain. Güneş, le vieux chat stambouliote, avait raison. Les flammes de l’oubli, qui ressemblaient ici à un souffle glacial, m’avaient bien été promises. En regardant du sommet de la colline qui dominait le petit poste de Port-Couvreux, je me suis dit que je n’avais pas envie de finir ici, comme ces vioques gâteuses à faire du tricot pendant l’éternité.
Je me suis promené sur les falaises pour voir ces hommes-moutons dont ils m’avaient parlé. Je n’ai vu que quelques mouflons. J’ai déambulé ensuite sur la côte pour voir ces hommes-baleines. Je n’ai vu qu’une colonie d’éléphants de mer occupés à paresser sur le sable noir des terres australes.
Mais il n’y avait pas un chat (…)

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