Un Détroit de trop

EPISODE SECOND : UN DETROIT DE TROP
par Tristan Perreton

sanscoeur12,35x20cm / 40 pages / broché
imprimé sur papier bouffant focusbook 80g
couverture sérigraphiée sur papier noir 160g
illustration intérieures d’Igor Hofbauer
ISBN: 978-2-919192-03-8
parution : septembre 2011 / en stock
prix de vente : 6 euros

 A cette heure où l’opinion publique est ravagée par le terrorisme, la pollution, les faits-divers et la crise boursière, où les rêves d’avenir meilleur se sont transformés en cauchemar de fin des temps, un spectre, intangible pour la plupart des hommes mais cruellement réel, est venu nous faire partager sa fantastique errance.

« Un Détroit de trop » est le second épisode des Aventures épouvantables de l’Ombre.

Polar fantastique reflétant une image nébuleuse de notre XXI° siècle, ce récit est le voyage d’un spectre en quête de son nom et de son cœur, confisqués en de troublantes circonstances par un chat un brin sorcier. Dans ce numéro, l’Ombre se retrouve par la force des choses condamnée à transformer un bateau-poubelle en vaisseau fantôme.  A bord de ce cargo, retrouvera-t-il Ayana, Son Altesse des chats, la seule qui peut lui rendre ce qui lui a été confisqué ?

Vous le saurez en vous procurant « Un Détroit de trop ».

Présenté sous la forme d’un fascicule d’une quarantaine de page à la couverture sérigraphiée, cet épisode est accompagné de trois planches originales d‘Igor Hofbauer.

Lire un extrait :

… Le colosse était loin d’imaginer que les coups de feu qu’il avait tiré à quai pour conjurer le mauvais sort avaient produit l’effet inverse. Par ce petit rituel empreint de superstition, il m’avait invoqué, moi, l’Ombre sans cœur et sans nom, sur son navire. Pour sa peine, j’ai décrété qu’il serait le dernier à périr. Le prochain sur ma liste serait le pauvre Hristo qui avait pris la relève en vigie.

C’était encore un gamin. Un fils de docker de Varna bercé par la houle aventureuse de la Mer Noire. Il était monté sur un cargo un peu comme on s’engage à la Légion, en faisant fît de son passé. Il avait malencontreusement tué une fille qui résistait à ses avances lors d’une soirée un peu arrosée dans un night-club de la ville. Il avait pas fait exprès, il l’avait juste jeté sur le trottoir alors qu’il la tenait par le bras et qu’elle tentait de le repousser. Sa tête avait bêtement percuté le pavé. C’était pas de sa faute. Mais il y avait eu des témoins. Dimitri, qui avait passé sa soirée dans la même boite que lui lors d’une escale du Kornelia à Varna, l’avait immédiatement pris sous son aile. Il savait bien comment étaient les filles. Et il manquait un matelot, le dernière recrue s’étant récemment fait pincer pour viol. Au balcon du Kornelia, Hristo scrutait un horizon bouché par la prison d’un côté et le brouillard de l’autre.

Je n’ai donc eu aucun scrupule à couper court à cette impasse. J’ai déroulé les cordages qui étaient soigneusement commis à l’avant du bateau puis, à la manière d’un serpent, j’ai fait onduler la haussière jusqu’aux pieds de Hristo, qui, le nez dans ses jumelles, n’a rien vu venir. L’épaisse amarre a tourné autour de sa jambe comme à un taquet. Saisi par la corde, j’ai balancé Hristo sous la quille du navire à la manière des suppliciés de la grande cale, qui étaient en leurs temps halés plusieurs fois hors de l’eau. Je me suis juste contenté de laisser le marin pendu par les pieds se noyer dans l’eau froide du détroit, sans prendre la peine de remonter les amarres.

Le Kornelia n’avait pas encore franchi les Dardanelles que déjà deux hommes du pont manquaient à l’appel…

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